Rallumer tous les soleils : Jaurès ou la nécessité du combat

Rallumer tous les soleils – la nécessité de combat : l’expression est de Jean Jaurès, l’ambition est de Jean Jaurès.

Une ambition que porte aussi le théâtre, à partir d’une pièce qui sera créée en juillet 2014.

Rallumer tous les soleils - couverture du livre

[Article paru en 2014]

Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. Les socialistes, les humanistes, les pacifistes, sont orphelins. Ils perdent celui dont la vie était consacrée à éviter la barbarie sanglante de la guerre, à construire une république véritablement sociale, à lutter pour l’autonomie et la liberté de tous, et notamment de tous ceux que l’ordre économique maintient « dans une sorte de servage ».

La vraie lutte n’est pas entre les Etats mais, dans toute l’Europe, entre la démocratie politique et sociale d’un côté et l’oligarchie rétrograde, capitaliste et militariste de l’autre.

Un siècle après, les mots, les convictions, les idéaux de Jaurès ont conservé intacte leur puissante charge de réflexion et de persuasion… et nous parlent tout autant du présent et de l’avenir que du passé.

Quant au théâtre, il peut être lui aussi, comme la poésie, une arme chargée de futur (1) – pour rallumer tous les soleils.

Informations, sur la pièce, comme sur Jaurès, sur le site : http://www.jaures.eu

J. Pellissier.

[[ACTU : La pièce sera au Festival d’Avignon 2017… !]

rallumer tous les soleils - flyer affiche

(1) La poésie est une arme chargée de futur. Poème de Gabriel Celaya :

” Quand on n’attend plus grand-chose qui nous exalte à nous-mêmes
Mais que palpitent et s’affirment en deçà de la conscience.
La sauvage existence et l’aveugle présence,
Comme un pouls qui palpite dans les ténèbres.

Lorsque l’on regarde en face
Les vertigineux yeux clairs de la mort,
Les vérités s’avancent :
Les barbares, les terribles, les amoureuses cruautés.

Les poèmes s’avancent
Qui élargissent les poumons de ceux qui,
Asphyxiés,
Demandent à être, demandent du rythme,
Demandent des lois pour ce qu’ils éprouvent de démesuré.

Avec la vitesse de l’instinct,
avec l’éclair du prodige,
comme une évidence magique, ce qui est réel nous transforme
En ce qui est identique à lui-même.

Poésie pour le pauvre, poésie nécessaire
Comme le pain de chaque jour,
Comme l’air que nous exigeons treize fois par minute,
Pour être, et en étant donner un oui qui nous glorifie.

Parce que nous vivons par à-coups, parce que c’est à peine

S’ils nous laissent

Dire que nous sommes qui nous sommes,

Nos chants ne peuvent être, sans péché, un ornement.

Nous touchons le fond.

Maudite la poésie conçue comme un luxe

Culturel pour les neutres

Ceux qui, en se lavant les mains, se désintéressent et s’évadent.

Maudite la poésie de celui qui ne prend pas parti

Jusqu’à se salir.

Je fais miennes les fautes. Je sens en moi tous ceux

Qui souffrent

Et je chante en respirant.

Je chante, et je chante, et en chantant par delà mes peines

personnelles, je m’élargis.

J’aimerais vous donner vie, provoquer de nouveaux actes,

Et je mesure pour cela la technique dont je dispose.

Je me sens un ingénieur du vers et un ouvrier

Qui travaille avec d’autres l’Espagne en ses aciers.

Telle est ma poésie : poésie-outil

A la fois battement du coeur de l’unanime et aveugle.

Telle est, arme chargée de futur expansif

Avec laquelle je vise ta poitrine.

Ce n’est pas une poésie goutte à goutte pensée.
Ce n’est pas un beau produit. Ce n’est pas un fruit parfait.
C’est similaire à l’air que nous respirons tous
Et c’est le chant qui ouvre l’espace à tout ce que nous portons en nous.

Ce sont des mots que nous répétons en les sentant
Nôtres, et ils volent. Ils sont plus que ce qu’ils nomment.
Ils sont le plus nécessaire : ce qui n’a pas de nom.
Ce sont des cris vers le ciel, et sur terre ce sont les actes.


Chantée en espagnol par Paco Ibanez… :

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1 réponse à Rallumer tous les soleils : Jaurès ou la nécessité du combat

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